-
Menu

Dysurie

La miction est une action volontaire qui permet de vider complètement la vessie. Elle doit pouvoir s’effectuer rapidement et sans efforts. Lorsque cette évacuation est difficile, on parle de dysurie, un trouble qui peut toucher les hommes comme les femmes. Les symptômes peuvent être variés : la nécessité de « pousser » pour uriner, un jet trop faible, irrégulier, ou encore le sentiment de ne pas réussir à vidanger sa vessie en totalité. Parfois, cette miction anormale est accompagnée de douleurs. Comment savoir si vous êtes concerné ? Quels sont les symptômes ? Quels traitements ? On vous dit tout.

Dysurie : des symptômes à ne pas négliger

 

Si elle n’est pas associée à des douleurs, la dysurie peut passer complètement inaperçue. Pourtant, certains symptômes doivent vous alerter :

  • Malgré l’envie d’uriner, vous devez attendre ou fournir un effort pour produire un jet.
  • Le débit est faible et la miction vous paraît longue à finir.
  • Le jet d’urine s’arrête puis repart.
  • Après la miction, vous avez l’impression d’avoir encore envie.
  • Vous avez besoin d’uriner souvent.
  • Vous ressentez une brûlure ou une douleur à l’ouverture de l’urètre pendant la miction.
  • Votre jet d’urine se termine par un goutte-à-goutte.

Si vous reconnaissez un de ces points, vous devez aller consulter votre médecin traitant. Il sera alors important de lui préciser à quel moment vous ressentez ces difficultés. Est-ce au début, pendant ou à la fin de la miction ? Cela lui permettra de diagnostiquer une dysurie initiale, totale ou terminale. Selon les cas, les causes ne seront pas les mêmes.

Dysurie : quelles sont les causes d’une difficulté à uriner ?

 

Les origines d’une dysurie peuvent être très diverses et ne sont pas les mêmes chez les femmes et chez les hommes.

La dysurie chez la femme : une origine infectieuse 

L’origine infectieuse est la cause principale de dysurie chez la femme. Plusieurs sortes d’infections uro-génitales sont possibles. Par exemple :

  • Les cystites: des bactéries provoquent une inflammation de la paroi de la vessie et une infection des urines.
  • Les vulvovaginites: des inflammations de la vulve et du vagin.
  • Les cervicites:  des inflammations du col de l’utérus qui peuvent être dues à plusieurs germes, souvent transmis lors des rapports sexuels.
  • Les urétrites: des infections du canal de l’urètre, dont la transmission par voie sexuelle est la plus fréquente.

La dysurie chez la femme : les autres causes

Il est également possible que la dysurie féminine trouve son origine dans un dysfonctionnement de la vessie. En effet, cette dernière étant un organe musculaire, si sa capacité de contraction n’est pas satisfaisante, il en résultera des difficultés à la miction, et donc, une dysurie.

Par ailleurs, plusieurs pathologies peuvent être responsables d’une vessie atone ou distendue, par conséquent incapable de se contracter de façon optimale : le cancer du col de l’utérus, le prolapsus du rectum, ou encore la sténose et les polypes du méat urétral par exemple.

La dysurie chez l’homme

La raison la plus fréquente d’une dysurie chez l’homme est une augmentation bénigne de la taille de la prostate. On parle alors d’hypertrophie. En effet, une prostate plus volumineuse que la normale peut provoquer une compression de la vessie (d’où les envies fréquentes d’uriner) ou une compression de l’urètre (qui perturbera le passage de l’urine à la miction).

Plus rarement, la dysurie masculine trouve son origine dans d’autres pathologies :

  • Une inflammation conjuguée des testicules et de l’épididyme (canal bordant le testicule où sont stockés les spermatozoïdes). On parle alors d’orchi-épididymite.
  • Une inflammation de la prostate (souvent infectieuse), la prostatite.
  • Un cancer de la prostate.

Y-a-t-il d’autres causes à la dysurie ?

Il arrive parfois qu’une mauvaise synchronisation entre la contraction de la vessie et la décontraction du sphincter soit à l’origine de la dysurie. On appelle cela un obstacle fonctionnel. C’est le cas dans certaines pathologies neurologiques (maladie de Parkinson, sclérose en plaques, traumatismes de la moelle épinière) ou des troubles comportementaux. Dans ces situations, la rééducation sera utilisée pour traiter la difficulté à la miction.

Enfin, certains médicaments pris sur une longue période peuvent entraîner une dysurie. C’est le cas notamment des traitements à base de morphine ou d’agents anticholinergiques.

Dysurie : quels dangers ?

 

La dysurie empêche de vider entièrement la vessie. Il reste donc un résidu urinaire qui n’est pas évacué. C’est la « stase urinaire ». Or les urines contiennent des substances qui peuvent être toxiques pour l’organisme. Par ailleurs et selon le degré d’importance de cette rétention urinaire, les capacités de réserve vésicales peuvent être dépassées. Une dysurie peut donc induire plusieurs risques :

  • Des infections urinaires à répétitions pouvant conduire à une pyélonéphrite (une infection du rein), cette dernière présentant un risque majeur de septicémie.
  • L’apparition de calculs dans la vessie, dans l’urètre ou dans le rein.
  • Un reflux des urines vers les reins entraînant une dilatation de ces derniers et un danger d’insuffisance rénale.
  • Une incontinence urinaire par regorgement.
  • Un claquage de la vessie.

Dysurie : que faire et quelles solutions ?

 

La première attitude à avoir est d’aller consulter rapidement votre médecin pour lui confier vos difficultés à uriner. Le traitement de la dysurie dépend bien évidemment de son origine. Dans les cas d’infections bactériennes, un traitement médicamenteux à base d’antibiotiques suffira. Si l’origine est une obstruction des voies urinaires, une intervention chirurgicale pourra être envisagée.

Votre médecin pourra également être amené à vous prescrire certains examens selon les signes cliniques que vous présentez :

  • Une débitmétrie mictionnelle permettra de déterminer la quantité d’urine évacuée selon le temps.
  • Une échographie post mictionnelle évaluera le résidu après avoir uriné et son impact sur la vessie.
  • Un bilan urodynamique pourra être envisagé dans les cas où la dysurie est due à un problème neurologique.
  • Une fibroscopie urétrovésicale, enfin, permettra d’explorer le méat urétral, c’est-à-dire l’ouverture à la fin de l’urètre qui permet, au moment de la miction, le passage de l’urine.

Si la cause de la dysurie reste indéterminée, d’autres examens pourront être envisagés.

Mais dans tous les cas, il est extrêmement important que le résidu urinaire, quel que soit son volume, ne reste pas trop longtemps dans la vessie.

Dysurie : la solution de l’auto-sondage

Votre médecin vous proposera peut-être la solution de l’auto-sondage afin d’éviter au maximum tout risque de rétention urinaire prolongée. Il s’agit d’un geste simple et indolore.

Une sonde est un dispositif tubulaire creux qui s’introduit dans l’urètre et jusque dans la vessie. L’urine est alors complètement évacuée. Elle est ensuite rejetée dans les toilettes directement, ou recueillie dans une poche adaptée. Après vidange de la vessie, la sonde se retire immédiatement.

Selon le type de rétention dont vous souffrez, la fréquence des sondages variera. On parle de sondage intermittent. Dans certains cas, il faudra le répéter plusieurs fois dans la journée. Dans d’autres, seulement au lever et au coucher.

Les sondes urinaires sont conçues pour être pratiques et faciles d’emploi. L’auto-sondage est quelque chose de sûr et de propre, qui peut parfaitement s’intégrer à votre quotidien sans devenir une contrainte. Grâce à lui vous éviterez une stase urinaire et tous les risques sur la santé que cela comporte.

N’hésitez pas à en parler à votre médecin traitant, ou à nous poser directement vos questions en complétant le formulaire de contact.

Pour parler à nos infirmières conseil Me+, appelez le 0800 00 47 67 (appel gratuit depuis un poste fixe)