Rétention urinaire

La rétention urinaire n’est pas une pathologie. Elle est un symptôme. Ce terme traduit un blocage, brutal ou progressif de l’évacuation des urines. elle peut être partielle ou totale, douloureuse ou passer inaperçu. Les causes à l’origine de ce problème sont multiples. Si vous en souffrez, ne craignez pas d’en parler à votre médecin afin de vous faire accompagner.

Rétention urinaire : comprendre le fonctionnement urinaire

 

Pour comprendre la rétention urinaire, il est important de connaître le fonctionnement normal du système urinaire.

La vessie, un organe de stockage

L’urine est produite par les reins, puis elle passe par les uretères pour rejoindre la vessie, où elle sera stockée jusqu’à son élimination au moment de la miction. C’est le système neurovégétatif qui est en charge de gérer le fonctionnement de la vessie. Normalement, le système sympathique permet à la fois le relâchement du muscle vésical (le détrusor) et la contraction des sphincters. Ainsi, la vessie peut se remplir en s’adaptant au volume d’urine et jouer son rôle de stockage.

La miction, une action contrôlée par le système nerveux

La vessie a une capacité d’environ 400 ml. Plus cette dernière est pleine, plus l’envie d’uriner est intense. Lorsque le besoin se fait sentir :

  • Le processus de vidange se déclenche volontairement.
  • Le système parasympathique, grâce aux nerfs sensitifs qui innervent la vessie dans sa partie haute, provoque la contraction du muscle vésical.
  • Simultanément, le col de la vessie s’ouvre par le relâchement des sphincters.
  • La miction peut avoir lieu : l’urine est éliminée en passant par l’urètre, jusqu’à la sortie au niveau du méat urétral.

La quantité d’urine produite est fonction de plusieurs paramètres : les volumes de liquides absorbés, le climat, l’activité physique pratiquée, et la prise éventuelle de traitements médicamenteux. La diurèse moyenne (le volume d’urine par jour) est comprise entre 1,5 et 2 litres. Les mictions réparties sur la journée doivent correspondre à une action volontaire et ne pas présenter de douleurs. Après la miction, la vessie doit être vide.

Le système urinaire est un système parfaitement orchestré. Mais, il fait intervenir plusieurs mécanismes qui doivent s’organiser et se synchroniser à la perfection. Si un seul de ces mécanismes est altéré, des troubles comme la rétention urinaire peuvent apparaître.

Rétention urinaire : ce qui doit vous alerter

 

Vous êtes dans l’incapacité de commencer la miction malgré votre envie d’uriner ? Vous ne parvenez pas à vider entièrement votre vessie ? Vous souffrez peut-être de rétention urinaire. Découvrez ci-dessous des symptômes qui peuvent vous alerter :

  • Vous devez attendre longtemps avant que ne débute la miction.
  • Après la miction, vous avez encore envie d’uriner.
  • Le jet d’urine est faible. La miction s’éternise.
  • Le jet d’urine est davantage un goutte-à-goutte.
  • Vous avez besoin de faire de réels efforts pour uriner.
  • Vous devez aller très souvent aux toilettes.
  • Vous vous levez plusieurs fois la nuit pour vous rendre aux toilettes (nycturie).
  • Vous constatez quelques pertes d’urine pendant la journée.
  • Vous ne parvenez plus à sentir quand votre vessie est pleine et a besoin d’être vidangée.
  • Vous ne ressentez plus l’envie d’uriner.
  • Vous pouvez ressentir des douleurs dans le bas-ventre, avec une sensation de pression abdominale.

Dans les cas graves de rétention urinaire complète, un gonflement dur et particulièrement douloureux au toucher est perceptible juste au-dessus du pubis. Il s’agit d’un globe vésical. C’est un signe d’urgence traduisant une vessie dangereusement distendue. Il est alors impératif de consulter très rapidement votre médecin. Le recours au sondage sera nécessaire pour évacuer les urines retenues.

Rétention urinaire : quelles causes ?

 

Les causes d’une rétention urinaire sont organisées en 2 groupes : les causes obstructives et les causes non obstructives. Dans le premier cas, l’urine ne peut techniquement pas être évacuée par la voie urinaire car quelque chose empêche son passage. Dans le second cas, il peut s’agir du muscle vésical qui n’est pas assez puissant, ou d’une raison nerveuse. En effet, si la communication entre la vessie et le cerveau ne se fait pas correctement, le signal d’une vessie pleine peut ne pas être perçu par le cerveau.

Les principales causes d’une rétention urinaire obstructive sont :

  • Des calculs bloquant le sphincter
  • Un caillot dans la vessie
  • Une tumeur de la vessie
  • Une tumeur de l’utérus (qui comprime alors la vessie)
  • Une prostatite ou une tumeur de la prostate (qui exerce une compression de l’urètre)

Les principales causes d’une rétention urinaire non obstructive sont :

  • Une affection neurologique telle que la sclérose en plaques
  • Un accident vasculaire cérébral
  • Des traumatismes ayant lésé la moelle épinière
  • Une prise de médicaments rendant le système nerveux défectueux
  • Un diabète avancé

Obstructive ou non obstructive, une rétention urinaire peut être aigüe ou chronique. Elle est aigüe si elle est soudaine et complète. Elle est chronique si elle est incomplète avec un résidu post mictionnel d’importance variable.

Rétention urinaire : comment se passe le diagnostic ?

 

Une analyse d’urines sera faite afin d’exclure l’origine bactérienne. Le médecin recherchera ensuite les premières causes de rétention urinaire. À savoir l’hypertrophie de la prostate chez un homme par un toucher rectal, et la tumeur de l’utérus chez une femme par un toucher vaginal et rectal. Un scanner (ou une urographie intraveineuse) pourra aussi être envisagé pour situer l’endroit du blocage.

Rétention urinaire : quels sont les traitements ?

 

Dans les cas d’urgence, la pose d’une sonde permettra d’évacuer rapidement le trop-plein d’urine dangereux pour la vessie et la santé générale. Dans tous les cas, le traitement d’une rétention urinaire passera par le traitement de sa cause initiale. S’il s’agit d’un cancer, dans certains cas, la chirurgie permettra de retirer la tumeur. De même, les calculs éventuels devront être évacués.

Parallèlement, on s’attachera à ne pas laisser les urines trop longtemps bloquées dans la vessie. Même en cas d’une « légère » rétention, le résidu qui y stagne provoque une stase urinaire, chose dangereuse pour l’organisme puisque les urines contiennent les déchets et les toxines.

Par ailleurs, les personnes souffrant de rétention urinaire risquent de présenter une forme d’incontinence. Même si les 2 troubles paraissent diamétralement opposés, ce phénomène est facile à comprendre. Si vous souffrez de rétention, vous ne pouvez pas vider votre vessie entièrement. Mais votre corps continue néanmoins à fabriquer de l’urine. La capacité d’accueil de la vessie est dépassée. Elle ne peut plus retenir tout ce liquide, et une forme d’incontinence par regorgement apparaît. Deux risques majeurs sont associés à cela :

  • Un reflux des urines vers les reins
  • Des lésions graves de la paroi vésicale

Rétention urinaire : l’auto-sondage ?

 

L’auto-sondage intermittent est une façon simple, sûre et pratique de soulager les conséquences d’une rétention urinaire. Il est utilisé en parallèle du traitement de la cause initiale pour drainer la vessie et ainsi la vider complètement. La stase urinaire éliminée, il n’y a plus de risques infectieux ou d’autres complications associées à la rétention. La personne retrouve également un confort de vie qu’elle ne pourrait pas avoir autrement. Les risques de fuites dues au trop-plein d’urines sont oubliés. La vie peut redevenir normale.

Vous vous habituerez vite à l’utilisation d’une sonde. Vous pourrez vider votre vessie à différents instants de la journée, rapidement et sans sensation douloureuse. Exactement comme une miction normale et naturelle. Personne ne s’apercevra que vous vous sondez. Vous ne ressentirez aucune gêne dans votre vie sociale. L’auto-sondage intermittent présente très clairement de nombreux avantages.

Parlez-en à votre médecin traitant, et n’hésitez pas à nous poser vos questions.

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