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Draguer ou ne pas draguer ? Nous sommes nombreux à semer nous-mêmes les obstacles sur notre chemin, parmi lesquels figurent bien sûr les sondes. Si vous imaginez une gigantesque barricade de sondes, super - parce que nous sommes sur le point de la bousculer pour la faire tomber. Il s’avère que ces choses peuvent être très souples en fait, et avec un peu de chance elles ne vont pas nous ralentir trop longtemps.

Pendant un peu plus de dix ans, je suis sorti avec des filles. J’ai arrêté maintenant, parce que je suis marié, et que ce serait grossier de continuer. Avec le recul, je me rends compte que le fait de sortir était une bonne chose pour moi. À court terme, évidemment, c’était parfois un cauchemar.

Alors que les sondes étaient un peu une « digue anti-drague » que j’avais moi-même érigée, il m’a fallu un certain temps pour réaliser que je n’avais pas le monopole de ces blocages. De nombreuses personnes ont des craintes qui les empêchent d’avoir des relations amoureuses : l’anxiété, le manque de confiance, une maladie mentale ou physique. L’une de mes copines était agoraphobe, donc rien que le fait de l’emmener au restaurant était un défi en soi.

Pour beaucoup, c’est une blessure du passé - après tout, si vous sortez avec quelqu’un c’est que vos tentatives précédentes n’ont pas fonctionné. Il n’est pas étonnant que nous allions au premier rendez-vous avec des réserves (et pas seulement celles qui abritent de bonnes bouteilles*).

Britannique ou Américain

Pour moi, sortir avec quelqu’un selon le style britannique consiste à faire ami-amie avec cette personne, jusqu’à ce que la relation se transforme progressivement au bout d’environ une décennie (bien que cela évolue grâce aux applications et sites Internet). L’avantage est que vous vous connaissez mieux l’un l’autre, de sorte que ça pourrait être quelqu’un qui connaît déjà votre problème de santé et qui a peut-être même rencontré votre vieille copine la sonde. Là encore, l’explication est essentielle - passer au niveau supérieur peut être tout aussi effrayant, que ce soit après des années ou au deuxième rendez-vous...

... C’est ce que je veux dire par le style américain. L’inconnue. Le scénario qui consiste à aller vers une fille dans un bar ou un café, lui demander de sortir avec vous, parce qu’elle ne vous connaît pas, et que ça peut aider. Lorsque je draguais, c’était avant Tinder, alors que maintenant il faut mixer la drague par appli interposée, et d’autres systèmes comme celui-ci. Ça consiste à draguer en « apprenant à se connaître ». Dans mon cas, j’ai emmené dîner beaucoup de filles que je n’ai jamais revues, mais certaines sont devenues des compagnes, et l’une d’entre elles est devenue ma femme. Et à chaque fois, ce dilemme : à quel moment mentionner la sonde ?

Le choix du moment est crucial

En tant qu’utilisateur de sondes, vous pouvez avoir l’impression qu’une tierce personne s’est invitée au rendez-vous et que vous attendez juste l’étrange moment où vous présenterez votre amie déjantée, en priant pour que la sonde ne vienne pas tout gâcher en vous faisant honte. Vous préféreriez avoir laissé votre amie souple chez vous (même si, pour des raisons évidentes, vous avez vraiment besoin d’elle). Mais ce n’est qu’une question de temps avant qu’il ne faille la présenter, le problème est donc plus de savoir pendant combien de temps vous pouvez retarder l’inévitable.

La mentionner trop tôt ? Cela peut désarçonner la fille avec qui vous sortez. Commencer par ça avant même d’avoir commandé à boire, c’est donner le la pour le reste de la soirée. Donc je vous conseille de parler d’un tas d’autres choses d’abord. De votre groupe favori. De vos intérêts communs. Posez-lui plein d’autres questions.

Où est-ce qu’elle voudrait partir en voyage ? « Ah oui ! J’y suis allé, j’ai un tas d’anecdotes à raconter ».

Peu importe. Il suffit de ne pas attaquer d’emblée avec les sondes avant que les entrées ne soient servies.

Remettre ça à plus tard ? Eh bien, si votre première sortie se termine sans que vous l’ayez mentionnée, alors vous vous inquiéterez jusqu’au deuxième rendez-vous. Vous vous dites « Le courant passe bien, ça pourrait tout gâcher ! ».

Alors que si vous en avez parlé au premier rendez-vous, alors quoi qu’il arrive, vous savez que vous avez été honnête. Il m’est arrivé d’attendre le troisième rendez-vous, en ayant le sentiment que j’aurais dû aborder le sujet plus tôt.

Dans le prochain post, nous examinerons ce qui se passe lorsque vous laissez ça pour beauuuuucoup plus tard, et que vous arrivez dans la chambre avant même d’avoir mentionné cette particularité. Aïe.

Le test

Il est difficile de parler directement d’urologie lors d’un premier rendez-vous, et particulièrement délicat de rendre le sujet amusant, sans que ça ne soit rebutant. Si vous avez la chance d’avoir des cicatrices, je vous suggère de les utiliser. Vous en êtes à la moitié du repas, tout se passe bien, vous vous entendez bien - provoquez un peu en montrant une cicatrice. Si vous êtes du genre à raconter des blagues, vous pourriez faire référence à une attaque de requin ou à une bagarre au couteau en prison… toutefois, sachez que vous serez tout seul pour rattraper le coup si votre rencard vous croit.

J’ai toujours fait attention à la manière d’aborder le sujet lors de mes rendez-vous. Certaines personnes sont mal à l’aise rien qu’à la mention des hôpitaux (mon conseil : ce ne sont probablement pas les bonnes personnes pour un utilisateur de sonde). Mais de toute façon, pas besoin de lâcher le mot qui commence par un S (« sonde ») lorsque vous pouvez montrer quelque chose de plus accessible pour mentionner votre particularité.

Cinq réactions au test du nombril

Dans mon cas, je n’ai pas de nombril. Je n’en ai jamais eu. Et ça me va. À presque tous mes rencards, je donnais cette information d’une manière ou d’une autre. C’était comme tremper mon orteil dans la piscine, pour tester la température de l’eau. J’ai eu droit à toutes les réactions :

  1. « Quoi ? Pas de nombril ? Beurk ! C’est horrible ! » (Repoussait son assiette - mauvais pour moi. Si déjà l’absence de nombril la répugne, j’imagine même pas dans un an, quand j’aurai chopé une gastro ou quelque chose du genre, sans parler de la sonde)
  2. « … D’accord, ouais, donc moi j’ai environ cinquante paires de chaussures… » (Elle m’a ignoré/ne m’a pas entendu/aime juste trop les chaussures. Pas intéressée - pas du genre « ça ne me gêne pas », mais plutôt « c’est pas mon truc ce genre de relation ». Mieux vaut éviter, à mon avis.)
  3. « Oh, c’est plutôt cool. Tu es un clone ou quelque chose comme ça ? » (Oui ! Assez intéressée. Pardonnez toute réaction que vous pourriez trouver grossière. On m’a demandé si j’étais un clone, un extraterrestre, une bête de foire de l’ère victorienne, un bébé-éprouvette, et même un marsupial (mais je n’ai pas de poche ventrale - ça ne peut donc pas être ça). J’ai considéré chacune de ces réponses comme positive car elle démontrait un peu d’intérêt et d’humour autour du sujet. Ça valait le coup de tenter.
  4. « Oh, mon cousin a ça aussi ! » (Il s’est avéré que le problème de son cousin n’avait rien à voir, mais quelqu’un qui a un parent atteint d’une pathologie inhabituelle est plus enclin à faire preuve de compréhension que les personnes qui ne sont pas entrées dans un hôpital depuis leur naissance. C’est donc de bon augure.)
  5. « Ah bon, mais pourquoi ? (J’explique : né avec les organes à l’extérieur) D’accord. C’est ce qu’on appelle une « exstrophie », non ? (Je suis sorti avec deux ou trois professionnelles de santé : le fait qu’elles connaissent la pathologie facilitait les choses. Ma femme avait été infirmière, mais n’avait jamais entendu parler de mon problème, et elle a été assez curieuse pour faire des recherches après notre premier rendez-vous. Avant même notre deuxième rencard, elle en savait davantage que moi. Et surtout, elle n’était pas flippée.)

La liste de critères

Un jour, au fil de mes rendez-vous, j’ai compris que mon problème urologique faisait tout simplement partie d’une longue liste de caractéristiques me concernant qu’il fallait soit accepter soit rejeter. Certaines filles n’aiment pas les rouquins. Certaines n’aiment pas la barbe. Certaines encore préfèrent les hommes sans tatouages ni piercings. D’autres préfèrent les hommes qui peuvent faire pipi sans aide. Chacun ses goûts. Tout cela fait partie de La liste de critères. Il s’agissait donc de trouver une fille attirée par un grand type roux, qui n’est rebutée ni par les chansons des années 1980, ni par les mauvaises blagues ni par l’assistance urologique, le profil idéal pour moi.

Moi, j’ai épousé une ancienne infirmière, mais d’autres utilisateurs de sonde que je connais se sont mis en couple avec des enseignants (des personnes douées pour gérer des gens de tous horizons et de toutes sortes), des ingénieurs (qui veulent savoir comment les choses fonctionnent), et toutes sortes d’autres profils. Je connais un couple qui sont tous les deux utilisateurs de sondes, et qui présentent la même anomalie rare de la vessie - ils se sont rencontrés en colonie de vacances. Ils n’ont pas eu besoin d’expliquer leur parcours, mais leur plus grand défi consiste à ne pas se tromper de sonde dans leur salle de bain.

Dans mon précédent post, j’ai expliqué et donné des conseils sur la vie sociale et la manière d’occuper les toilettes plus longtemps que la moyenne, en faisant semblant d’être au téléphone, etc. Des mini-mensonges bien utiles pour un premier rendez-vous !

La prochaine fois, nous verrons comment faire lorsque le rencard se passe particulièrement bien. Euh... attendez-vous à rougir.

*L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération

Les opinions exprimées ici sont de nature personnelle et anecdotique et ne doivent en aucun cas remplacer l’avis médical d’un professionnel. En cas de questions, vous devriez toujours consulter votre médecin ou votre infirmier(ère).

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