Difficulté à uriner

Vider sa vessie fait partie des besoins naturels. Uriner doit être une action spontanée et facile. Pourtant, il arrive parfois que la miction soit difficile, voire douloureuse. Les difficultés à uriner peuvent prendre différentes formes et avoir de nombreuses explications. Mais dans tous les cas, on parlera de dysurie. Loin d’être rare, ce trouble de la miction ne doit jamais être négligé. Si vous avez du mal à satisfaire votre besoin d’uriner, consultez votre médecin traitant sans tarder.

Difficulté à uriner : qu’est-ce qu’une miction normale ?

 

Le système urinaire a un fonctionnement parfaitement organisé. Mais son apparente simplicité cache une réelle complexité. Dans ce système, la vessie a un rôle de stockage des urines. Ces dernières sont produites par les reins, puis acheminées via les uretères jusqu’à la vessie. Bien qu’elle soit un organe musculaire, la vessie a la capacité de s’étirer pour pouvoir s’adapter à la quantité d’urine qu’elle reçoit. Chez l’adulte, elle a une capacité physiologique comprise entre 300 et 500 ml, soit environ 400 ml. En moyenne, le besoin d’uriner commence à se faire sentir dès le seuil de 300 ml d’urines accumulées.

Le système nerveux : maître d’orchestre de la miction

Lorsque la nécessité de vider la vessie apparaît, deux mécanismes contrôlés par le système nerveux se produisent de façon synchronisée :

  • Le muscle vésical (le détrusor) se contracte
  • Le sphincter urétral, en bas de la vessie, se desserre pour ouvrir le passage vers l’urètre

L’urine peut donc être expulsée de la vessie et libérée en passant par le méat urétral. Dès que la miction est terminée, le détrusor se détend pour pouvoir accueillir de nouvelles urines tandis que le sphincter de l’urètre se resserre pour les retenir.

Les caractéristiques d’une miction normale

  • Une miction dite normale est complète. Autrement dit, après être allé aux toilettes pour uriner, la vessie doit être vide.
  • Une miction saine est volontaire.
  • Elle ne doit pas occasionner de douleur ni nécessiter d’effort.
  • Elle doit durer moins de 30 secondes.
  • On estime que 3 à 4 heures doivent séparer deux mictions (bien que certains facteurs puissent intervenir).

La dysurie est le terme médical utilisé lorsqu’une difficulté à uriner est ressentie alors que le besoin de vidanger la vessie est présent.

Difficulté à uriner : quels sont les symptômes d’une dysurie ?

 

Les difficultés à uriner peuvent passer inaperçues si elles ne sont pas associées à des douleurs comme, par exemple, des sensations de brûlure. Sans traitement, ces troubles peuvent devenir chroniques. Certains signes doivent vous alerter et vous pousser à aller consulter votre médecin :

  • Vous avez envie d’uriner, mais vous devez pousser pour y parvenir
  • Votre jet d’urine est particulièrement faible et/ou irrégulier (goutte à goutte)
  • La miction dure longtemps (plus d’une minute)
  • Après être allé uriner, vous en ressentez encore l’envie
  • Vous avez besoin de vider votre vessie très fréquemment
  • L’arrêt de votre jet d’urine n’est pas franc
  • Vous ressentez une douleur semblable à une sensation de brûlure durant la miction

Difficulté à uriner : pourquoi faut-il consulter rapidement ?

 

La miction a un rôle essentiel dans la santé de l’organisme. L’appareil urinaire fait en effet partie du système dit excréteur. C’est-à-dire qu’il permet l’épuration du sang par l’élimination des déchets et des toxines issus du catabolisme. Autre fonction centrale de la miction : elle assure le maintien de l’homéostasie. Autrement dit, elle participe à la stabilisation de valeurs physiologiques importantes dans le corps telles que la température ou la pression artérielle.

Lorsque vous souffrez de difficulté à uriner, votre vessie ne se vidange que partiellement. Cela signifie qu’il reste en permanence des urines concentrées en déchets. On parle de stase urinaire. Ce dysfonctionnement peut avoir de graves conséquences s’il n’est pas pris en charge :

  • Infections urinaires chroniques
  • Pyélonéphrite
  • Choc septique (complication grave de la pyélonéphrite)
  • Formation de calculs (lithiase) dans les voies urinaires
  • Insuffisance rénale

Par ailleurs, la difficulté à uriner n’empêche pas les reins de continuer à produire des urines. La vessie est donc toujours remplie régulièrement, alors qu’elle ne parvient pas à se vider en totalité. Sa capacité de contenance risque d’être dépassée si rien n’est fait pour traiter cette difficulté à la miction. Et là encore, les conséquences peuvent être très sérieuses :

  • Apparition d’une incontinence par regorgement
  • Claquage de vessie par dilatation

Difficulté à uriner : quelles sont les origines d’une miction compliquée ?

 

Chez les femmes, les infections urinaires telles que les cystites ou les infections génitales comme les vulvovaginites peuvent provoquer des difficultés à uriner. Dans ces cas-là, un traitement médicamenteux (antibiothérapie, anti-inflammatoires) suffira à résoudre les désordres de la miction. Cette origine infectieuse est très courante dans la population féminine.

Mais en dehors de cette explication bactérienne, deux raisons peuvent causer des difficultés à uriner :

Un dysfonctionnement de la vessie

Il arrive que le détrusor n’exerce pas une contraction suffisante pour une vidange complète. Cela se produit lorsque la vessie manque de tonicité parce qu’elle est distendue, ou à l’inverse en cas de rétraction ou de sclérose du muscle vésical. Les causes de ces dysfonctionnements vésicaux sont différentes chez les hommes et chez les femmes.

Exemples de pathologies responsables d’un dysfonctionnement de la vessie chez l’homme :

  • Tumeur bénigne de la prostate (adénome)
  • Cancer de la prostate
  • Cancer de la verge ou de l’urètre
  • Sténose du méat urétral (rétrécissement de l’ouverture à la fin du canal de l’urètre)

Exemples de pathologies responsables d’un dysfonctionnement de la vessie chez la femme :

  • Descente des organes pelviens (prolapsus de la vessie ou de l’utérus)
  • Cancer du col de l’utérus
  • Fécalome (accumulation de matières fécales dans le rectum)
  • Constipation sévère

Un problème fonctionnel

Les origines fonctionnelles d’une difficulté à uriner sont dues à un défaut de coordination entre le muscle de la vessie et le sphincter au moment de la miction. La contraction du premier n’est plus synchronisée au relâchement du second. En cause, des affections neurologiques comme la sclérose en plaques, ou psychiatriques (la dépression grave par exemple). De mauvaises habitudes peuvent également être à l’origine de ce problème.

Difficulté à uriner : que faire et quels traitements ?

 

Si vous éprouvez des difficultés à uriner et que vous vous reconnaissez dans un des symptômes exposés, votre première réaction doit être d’aller consulter votre médecin traitant rapidement. Plus la dysurie sera prise en charge tôt, plus les risques d’une évolution aux conséquences graves seront évités. Avec ou sans douleur, une impossibilité à réaliser une miction totale est un trouble sérieux. Ne le négligez pas.

Parlez librement à votre médecin de vos symptômes et de leur retentissement sur votre vie quotidienne. En fonction de votre échange, il pourra vous prescrire certains examens pour mieux cibler l’origine de votre difficulté à uriner (un bilan urodynamique, une débitmétrie mictionnelle, ou encore une échographie post mictionnelle par exemple). Si une obstruction des voies urinaires est confirmée, une intervention chirurgicale pourra être envisagée. Sinon, il vous orientera vers d’autres options de traitement.

Difficulté à uriner : la rééducation

La rééducation donne de bons résultats pour soulager les difficultés à uriner. Ce travail s’organisera selon 3 axes :

  • La rééducation comportementale : modification des habitudes de vie, du régime alimentaire et de la consommation de liquides
  • La rééducation périnéale : renforcement du plancher pelvien grâce aux exercices Kegel
  • La rééducation de la vessie : notamment grâce à l’utilisation d’un calendrier mictionnel

Difficulté à uriner : l’auto-sondage

Votre médecin peut également vous recommander l’auto-sondage urinaire, ceci afin d’éviter les risques associés à une stase urinaire prolongée. Cette technique simple et indolore, en complément de la tenue du calendrier mictionnel, permettra par ailleurs de mieux comprendre le fonctionnement de votre vessie dans le cadre d’une rééducation.

Vous avez des questions ? N’hésitez pas à consulter notre page questions-réponses.

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